Investir vert, c'est possible ?

Lorsque je parle d’investissement en bourse, la question qui revient le plus souvent est : « Est-ce qu’il existe des investissements éthiques et écologiques en bourse ? ». La bonne nouvelle, c’est que oui, on peut investir en bourse de manière durable sans pour autant sacrifier son rendement. Mais comme souvent, le diable se cache dans les détails et il ne suffit pas d’acheter le premier produit « vert » de votre courtier. Cet article est le premier d'une série de trois articles consacrés aux investissements responsables.

 

C’est quoi un investissement éthique ?

Si vous posez la question à 100 personnes, vous obtiendrez 100 réponses proches mais différentes. Avant de vouloir investir, vous devez commencer par définir les critères grâce auxquels vous pouvez juger une action ou une entreprise. Certains critères sont assez communs, comme par exemple :

  • Pas de travail des enfants
  • Pas de munitions de guerre
  • Pas d’esclavage

Généralement, ce sont les critères sur lesquels tout le monde s’accorde à moins de vouloir passer pour un monstre.

Tout le monde est d'accord sur les critères ESG pour les actions

Mais il existe une multitude d’autres critères : pas d’entreprises qui vendent de la drogue, de l’alcool ou des cigarettes, pas d’entreprises dans le secteur du charbon ou du pétrole. Du coup, j'ai créé 4 exemples de personnes fictives ayant des perspectives différentes pour mieux illustrer la situation.

Lisa veut aider l'environnement

Nucléaire ? Non merci !

Lisa est une étudiante qui s’intéresse beaucoup aux questions environnementales. Outre les critères communs, elle ne veut pas investir dans le charbon ou le nucléaire, ni dans les OGM. Elle est plus flexible sur l’alcool ou la cigarette.

Claire milite pour Friday For Future

Friday for Future

Claire est membre active de Friday For Future. Elle ne souhaite investir QUE dans des entreprises vertes : énergies renouvelables, agriculture biologique, produits véganes, etc.

Gabrielle veut être en accord avec sa foi

Gabrielle est catholique et elle souhaite que ses investissements respectent ses principes moraux. Outre les critères communs, elle ne souhaite pas investir dans l’alcool, la marijuana, les jeux d’argent, la pornographie ainsi que dans toutes les entreprises pharmaceutiques qui fabriquent des pilules contraceptives.

Aicha veut inciter les entreprises à aller vers l'écologie

Aicha se définit comme une réaliste. Elle veut bien investir dans tous les secteurs, mais surtout dans les meilleures entreprises de chaque catégorie, celles qui font le plus d’efforts pour respecter les règles environnementales et sociales.

Investir dans les énergies renouvelables

Et vous, où vous situez-vous ? Qu’est-ce qui est important pour vous ? Sur quoi êtes-vous prêt à faire des compromis ? C’est une question plus difficile qu’il n’y paraît car vous devez oublier l’idée de perfection. La perfection n’existe pas dans le monde réel. Ou en clair, vous ne pourrez pas investir uniquement dans des entreprises de panneaux solaires véganes tenues par des femmes issues de minorités. 😉 J’exagère volontairement le trait mais il faut que vous trouviez votre optimum entre les valeurs importantes à vos yeux et le rendement que vous visez.

Être au clair sur ses décisions d’achats

Acheter a plus d'impact qu'investir

Une fois que vous avez rempli votre liste de critères, vous devez garder en tête un élément fondamental de l'économie : chaque euro que vous dépensez pour acheter un produit a un impact bien plus fort que le même euro investi dans la même entreprise. En gros, chaque euro dépensé est un mini bulletin de vote. Et 10€ dépensés chez McDonald auront un impact bien supérieur sur l’économie à 10€ investis dans une action McDonald. C’est un message direct envoyé à l’entreprise et au monde : « J’aime vos produits, produisez-en plus ! ».

Acheter chez McDonald's, c'est augmenter la demande pour ce type de produits.

Le capital ne vaut rien sans la demande

Lorsque vous faites le plein chez Total, achetez le dernier Apple ou un billet d'avion, vous dites à ces entreprises que les consommateurs veulent davantage de ces produits et donc elles en produiront plus.

 

Lorsque vous achetez des actions Total, vous ne faites qu'augmenter subtilement la demande pour ces actions, ce qui fait augmenter leur prix moyen, ce qui facilite un peu plus la tâche de Total qui pourrait émettre plus d'actions à l'avenir. En d'autres termes, vous lui facilitez l'accès au capital. Mais avoir du capital n'est utile que s'il y a une demande pour leurs produits. 

 

Pour vous en convaincre, imaginez la situation suivante dans laquelle deux jeunes gens lancent une entreprise :

  • Myriam a une excellente idée de produit mais très peu d’argent pour lancer son idée. Elle commence donc à produire en très faible quantité mais vend rapidement son stock car les gens trouvent son idée géniale.
  • Joachim a lui aussi une idée et en plus, sa famille lui prête beaucoup d’argent pour se lancer. Il n’a pas à regarder à la dépense et lance la production en grandes pompes. Le seul problème ? Son idée n’intéresse que peu de monde et il ne réussit pas à vendre ses produits.

Quelle entreprise va survivre au bout d’un an ? Celle de Myriam avec peu de capital mais une demande forte ou celle de Joachim qui nage dans l’argent mais dont personne ne veut acheter les produits ?

Ma conclusion qui n'engage que moi

Pour ma part, quand j'ai commencé à investir, j'ai énormément culpabilisé. Comment concilier mes investissements en bourse avec mes valeurs morales ? Et puis, je me suis rendue compte que ce n'était qu'une excuse qui cachait d'autres peurs : la peur de me tromper, la peur de prendre une décision.

 

Ne pas investir du tout n'est pas une solution, car l'argent que vous avez sur un livret d'épargne est déjà investi sur les marchés... seulement c'est votre banque qui touche les intérêts et pas vous. Donc tant qu'à faire, autant décider moi-même dans quoi je veux placer mon argent ET faire fructifier mon épargne par la même occasion.

 

Je fais de mon mieux pour trouver des produits en accord avec mes valeurs, mais c'est surtout dans mon quotidien que je cherche à faire une différence : en achetant bio, en prenant mon vélo, en réduisant le chauffage. C'est là que je peux avoir un impact.

Dans le prochain article de cette mini-série, nous verrons les différents investissements durables disponibles sur le marché. En attendant, faites l'exercice de chercher les critères d'un investissement durable à vos yeux. 😉

 

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Vous y découvrirez les pièges les plus fréquemment répandus sur le chemin de l'indépendance financière et comment les éviter.  La bise !

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Commentaires: 2
  • #1

    Nathalie (mardi, 19 janvier 2021 16:46)

    Pour faire écho à ton commentaire sous mon dernier article, moi je n’ai investi que dans l’immobilier... et du coup je compte bien m’ouvrir un peu l’esprit avec ton blog �. S’agissant de notre impact sur la production et donc sur l’état de la planète, je suis 100% d’accord avec toi : si nous voulons une amélioration il faut commencer par ne plus acheter ce qui a déjà commencé par nous péter à la gueule (désolée mais parfois la poésie n’a pas sa place...). Je n’achète plus ce qui est sur-emballé. Je n’achète plus de fruits ou de légumes qui viennent de l’autre bout du monde : j’attends gentiment la saison où ils pousseront près de chez moi. Et surtout je me suis habituée à regarder sur GOOD ON YOU la tracabilité des vêtements que j’achète. Bon, du coup j’ai appris à coudre ��� Pour l’heure je ne fais que des cabas mais bon... �

  • #2

    Magali Cochez (mercredi, 20 janvier 2021 12:16)

    Bonjour Marie,
    Voici un sujet qui m'intéresse. Je vais guetter les deux prochains articles de la série ;)